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 [Historique]Sam-le-TerrrrrrribleVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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sam-le-terrible
Esprit es-tu là ?



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Guilde : Principaute d' Ambre

MessageSujet: [Historique]Sam-le-Terrrrrrrible   Mar 4 Juil - 23:11

Introduction:

Aussi loin qu' il puisse se rappeler, la petite enfance de Sam fût plutôt paisible, entouré d' une famille aimante, un père Iop, Gronkal, sévère mais juste. C' est lui qui était à l' origine des rares principes que possèdait Sam. Il bossait nuit et jour, coupant des arbres la journée, pour les débiter en planches à la lumière déclinante du soir. Sam adorait le regarder bosser, tout petit il avait pris cette habitude en rentrant de l' école, il passait en trombe dans la maison le temps de dire bonjour à sa mère, puis filait à la scierie voir son père bosser sur l' établi. Il était fasciné par l' abattage de son père, bète de somme exploitée par un sculpteur de batons peu scrupuleux, mais ne râlant jamais, allant au boulot parce qu' il fallait bien que quelqu' un le fasse.

C' était un père très bourru, il n' était pas instruit, pas toujours très pédagogue, mais pour rien au monde il n' aurait toléré que sa famille manque de quoi que ce soit, dût-il se tuer à la tache pour s' en assurer.

Il était surprenant de le voir avec la mère de Sam, une disciple d' écaflip instruite, très douce semblant trainer avec elle une mélancolie de tous les instants, comme si elle portait un lourd fardeau, elle faisait tout son possible pour sauver les apparences devant ses enfants, Sam et Catline, sa soeur ainée, mais il l' avait surprise à plusieurs reprises, pleurant à grosses larmes lorsqu' elle se croyait totalement seule. C' avait toujours été une énigme pour lui, la raison de la tristesse de sa mère. Peut-être repensait elle à son premier mari, un écaflip du nom de Rami, très grand guerrier d' après les descriptions qu' en faisait sa mère, il faisait partie de la milice d' Astrub, ces gardes d' élite dont le rôle était de protéger la populace contre les menaces extérieures.

Mutilations :

Sa mère lui avait raconté un soir cette fois où les collègues de Rami étaient venus la trouver, la mine déconfite, elle avait tout de suite compris, il ne rentrerait jamais. Son corps avait été retrouvé atrocement mutilé, pendu aux murailles de la cité, la cage thoracique ouverte sur le côté gauche. On racontait que son coeur lui avait été enlevé, et que ça lui faisait comme une grande tache rouge à la place. Bien sûr, ce n' était pas sa mère qui lui contait ce genre de détails sordides au possible, mais les nouvelles vont vite dans une cité comme celle d' Astrub, et les cours de récréation sont de formidables recueils d' histoires en tout genre, de plus, ce n' était pas le genre d'histoires qu' on oubliait en deux semaines, non, bien des années après, on parlait encore de ce fier écaflip qui avait été torturé par une meute de démons, comme le disait la légende naissante.

Elle s' était remariée peu après, ce qui avait fait pas mal jaser dans la cité, en effet, quand on lie sa vie à un homme de valeur, il est difficile de se défaire de cette image, pour la populace Astrubienne, elle était et resterait la femme de Rami, le brave garde sacrifié pour sauver la cité. Les gens ne comprenaient pas qu' elle ait pu se remarier si vite, c' était comme si elle avait trahi la mémoire de cet homme qui resterait à jamais un héros pour la ville toute entière. Peut-être ces gens n' avaient-ils tout simplement pas saisi qu' elle avait avant tout cherché à protéger ses enfants, en leur trouvant un père de substitution avec qui ils seraient à l' abri. Peut-être en savait-elle bien plus long que la rumeur sur la mort du seul homme qu' elle ait aimé. Peut-être était-elle tout simplement inquiète pour sa progéniture. Mais ce genre de considérations dépassait la majorité des langues de vipères.

Gelée de groseilles:

La première fois qu' il avait entendu un de ses camarades lui parler de la mort de son père, Sam avait pris ça comme un choc en plein visage, non seulement les détails étaient peu ragoutants, mais il y avait autre chose, il s' était isolé derrière le gros chêne qui trônait dans un coin de la cour, souverain multicentenaire ayant veillé sur des fournées entières de jeunes élèves. Et il avait tiré sur son maillot, tout doucement, dévoilant son torse, il contemplait sa marque de naissance, cette tache rouge foncé sur son pelage, cette tache qui était juste sur son coeur. "Mon père y m' a dit qu' ça lui f' sait comme un gros trou tout rouge à la place du coeur, que d'loin on aurait juste dit une grosse tache, comme si il s' était tartiné de la gelée de groseilles". Ca ressemblait drôlement à ce qu' il avait sous les yeux, il avait repris ses esprits, puis avait regagné le classe juste à temps pour ne pas se faire gronder, mais toute la journée, et bien longtemps après encore, il y avait repensé, imaginant son père pendu aux murailles, la cage thoracique pulvérisée et le corps lardé de profonds coups de griffes.. Il ne sût jamais combien de semaines il fût réveillé en pleine nuit par cette vision qui venait le tourmenter dans son sommeil, ça dura en tous cas des mois, peut-être des années..
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sam-le-terrible
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Guilde : Principaute d' Ambre

MessageSujet: Re: [Historique]Sam-le-Terrrrrrrible   Mar 4 Juil - 23:11

Ta faute :

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Ce cauchemar le hantait régulièrement encore, il voyait son père accroché à ce froid mur de pierres, les toits des maisons astrubiennes se détachant au-dessus des créneaux, cette tache, la tache, ce vide qui semblait le contempler, qui l' accusait, c' était sa faute à lui si on avait mis de la gelée de groseille sur son père, c' était pour qu' il lui ressemble, puis, invariablement, le visage de son père se relevait et il posait sur lui des yeux voilés, puis il se mettait à ricaner, un rire sinistre, démoniaque, un rire qui glaçait le sang, un rire qui faisait fuir les quelques charognards qui déjà fourraient leurs becs dans la plaie béante, fouinant à la recherche de ses entrailles.. C' était sa faute, à lui. Il était le responsable de la mort de son père..
Il se réveillait toujours sur ces pensées déroutantes, perdu dans un stupide sentiment de culpabilité. Que pouvait-il dans la mort de son père? Après tout, il n' était encore qu' un nourisson quand tout ceci était arrivé. Oui mais cette marque.. Il valait mieux ne plus y penser.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~


Apprentissage de l' art de la fuite :

Le mois passaient, et ce cauchemar restait, il avait peur de s' endormir, si bien qu' il luttait contre le sommeil, se fatiguant de plus en plus, son instructeur l' avait surpris plusieurs fois endormi sur son pupitre et Gronkal n' appréciait pas ça du tout, il n' avait jamais mis les pieds dans une salle de classe, mais il ne tôlèrerait pas que son fils dorme dans ce qu' il considèrait comme un lieu de travail. La dispute fût animée, et les mots volèrent, des deux côtés, les baffes aussi, mais unilatèralement cette fois-ci. Sam partit se réfugier, en larmes, dans la chambre qu' il partageait avec Catline, une petite pièce qui servait aussi à entreposer des tas de choses, il s' était assis contre le sol, le visage écrasé contre ses genoux, en larmes, il se sentait responsable de la mort de son père, il ne savait pas pourquoi, mais c' était bel et bien là et aujourd' hui, le père que lui avait choisi sa mère venait de lever la main sur lui. Il se sentait perdu, incapable d' apporter autre chose que de la douleur et de la colère. Sa décision était faite, il devait partir, les laisser vivre leur vie sans plus les déranger. Il ne prît pas la peine de préparer des affaires avant de grimper sur le rebord de la fenêtre, regardant accroupi la rue plongée dans l' obscurité, il devait le faire, fuir ces cauchemars, fuir cette incompréhension. Il devait voler de ses propres ailes. Il bondit dans l' atmosphère moite d' Astrub-la-Nocturne, s' enfonçant sans un regard en arrière dans ce chaud océan de vie...

Premiers pas sur le pavé :

Le changement était brutal, il se retrouvait, gosse de dix ans, livré à lui-même, dormant sous les portes cochères, s' invitant dans les poches des passants pour y trouver de quoi acheter le bout de pain qui tiendrait compagnie à son estomac pour la journée. La vie était rude, il balançait entre la faim et la peur, peur de se faire tabasser en pleine nuit pour se faire délester de ses quelques kamas, peur de se retrouver livré à la garde, peur d' y rester. Mais au moins cette peur avait remplacé ses cauchemars, en cela elle était salutaire. Il trainait de droite et de gauche toute la journée, guettant les passants à la bourse aussi grasse que leur ceinture abdominale, ces bourgeois trop nourris qui ne surveillaient même pas leurs poches débordant de kamas, et qui présentaient un autre avantage, celui de n' avoir aucune chance à la course contre lui. Il leur prenait tout ce qu' il pouvait, mais ce n' était pas chose aisée, les commerçants du coin n' aimaient pas voir leurs clients se faire détrousser avant d' arriver sur leur étalages et il devait les éviter à tout prix, sous peine de prendre une raclée de plus. La vie n' était pas facile, non, mais au moins elle était intense, et il n' avait pas le temps de la réflexion, pas le temps de ruminer de vieilles pensées..


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MessageSujet: Re: [Historique]Sam-le-Terrrrrrrible   Mar 4 Juil - 23:12

Rencontre inattendue :

Par une après-midi d' automne, alors qu' il comptait dans une ruelle obscure les kamas prélevés sur une bourse bien nourrie, une main se posa sur son épaule. Il ne s' y attendait pas et sa première réaction fût de se retourner, lame au poing, prèt à frapper l' intrus. Il s' agissait d' un disciple de sram qui le regardait de ses orbites vides, il était de haute stature, mais très fluet, enserré dans une cape sombre, son haleine putride glissait sur le visage de Sam, toujours en arrêt, prèt à frapper au moindre mouvement.

L' inconnu poussa un ricanement sinistre. Bien que tout gosse encore, Sam n' était pas du genre à se laisser impressionner, pourtant, le squelette ambulant qui se tenait face à lui ne lui inspirait rien de bon..
Sans rien dire, le sram porta la main au maillot de Sam sur lequel il tira, dévoilant ainsi la marque, un air statisfait apparût immédiatement sur son visage décharné.
-"Héhé, c' est bien ce que je me disais, ça pouvait être que toi."
Sam tentait de paraitre menaçant, babines retroussées, crocs sortis, bien en appui sur ses pattes..
-"Et tu pensais quoi au juste?"
-"Moi? Rien de bien important, par contre, je sais que la vie que tu mènes est plutôt risquée, suis-moi, je vais te montrer tes nouveaux amis."
-"C' est quoi ce traquenard? J' suis très bien comme ça, j' ai besoin de rien, alors reprends ta route avant que je te descelle la machoire."

Sam brandit sa dague au ras du menton de son interlocuteur. Ce dernier troqua son air moqueur contre un autre, plus autoritaire.
-"Fini de rigoler, le gosse, je t' ai jamais dit que tu avais le choix, soit tu viens, soit tu restes ici, sur le carreau, c' est toi qui décides."

Il accompagna ces paroles d' un claquement de doigts et, à la grande stupéfaction de Sam, des tas d' ombres vêtues de capes noires sortirent de coins obscurs partout dans la ruelle.
Sam hésita quelques instants avant de ranger sa dague à la ceinture, puis de suivre les hommes. Il l' emmenèrent dans une grande maison, non loin de là, des guetteurs étaient postés à toutes les fenêtres et même sur les toits, le cortège passa devant les deux gardes qui étaient postés devant l' entrée et Sam rentra à la suite du sram. L' atmosphère à l' intérieur était indescriptible, ce qui n' interdit pas de s' y essayer, partout étiaent posées en vrac des armes de tous types, principalement des dagues, des hommes y dormaient un peu en désordre de tous les côtés, en fait, le mode de rangement par défaut semblait être le foutoir.
-"Allez, le gosse, suis-moi là-haut, faut que j' te cause"
Sam suivit sans un bruit, l' inconnu l' emmena dans une pièce de l' étage, d' où il vira manu-militari deux iops qui s' étaient endormis à même le sol, avant de faire claquer la porte.

La maison :

-"Bien. Voilà ton nouveau chez toi, tout le monde sait que tu es mon protégé, donc tu peux entrer et sortir comme tu veux, personne te cherchera des crosses, hésite pas non plus à brailler sur ceux qui oseraient te gonfler, t' en as le droit."
-"Votre quoi? Et puis c' est quoi ici au juste?"
-"Héhé. Mon protégé, ça veut dire que tu m' accompagnes dans tout ce que j' ai à faire, tu es mon apprenti en gros. Et ici c' est chez toi, tu fais partie des notres, maintenant, alors mets toi à l' aise. On est une petite entreprise." Le sram accompagna ces dernières paroles d' un rictus laissant deviner une pointe de cynisme. "En gros, on vole, on tue, on espionne, on encaisse la monnaie.."
-"Ah... Et qu' est-ce que j' ai à voir là-dedans?"
-"Ben.. Tu es mon protégé, donc tu voles, tu tues, tu espionnes et tu encaisses la monnaie, compris?"
-"....................... Compris"
-"Bien, Sam, tu apprends vite. A partir de maintenant, tu m' appelles Keken, je te laisse quelques minutes, le temps de prendre tes marques ici. Sauf si tu as des questions."

Il en vait bien une de question, comment connaissait-il son nom? Bof, des gens comme ça devaient avoir des yeux et des oreilles dans chaque ruelle d' Astrub. Il garda sa question pour lui et conclut par un.
-"Bien m'sieur Keken, j' vais voir ça de suite"
-"Héhé, j' ai dit Keken, pas m'sieur Keken.. Allez va, file gamin.."

Sam ne se fît pas prier, et il fût soulagé de quitter enfin la vue de ce crâne parlant, il ferma doucement la porte derrière lui, puis descendît les escaliers.


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sam-le-terrible
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MessageSujet: Re: [Historique]Sam-le-Terrrrrrrible   Mar 4 Juil - 23:12

La salle du fond :

Il n' y avait rien de bien intéressant dans la salle principale, juste des soulards qui cuvaient de tous les côtés, et puis cette odeur. Vache, on aurait dit un élevage de poneys en plein après midi de Fraouctor, une infection. Fallait prendre l' air au plus vite, il se dirigea vers la porte au fond de la grande pièce, sorte de capharnaüm gigantesque. Quand il ouvrit la porte, il se rendit compte qu' elle ne donnait pas sur l' extérieur, mais sur une petite pièce, remplie d' étals d' armes et au milieu de laquelle se trouvait une sorte d' épouvantail, composé de vieilles loques rembourrées de foin. Une salle d' entrainement.
L' athmosphère y était respirable, bien qu' une forte odeur âcre de transpiration rance y règnât. Il se dirigea vers les étagères, lesquelles débordaient d' armes diverses, son attention se porta aussitôt sur deux dagues à la lame finement ciselée. Il les prit en main, les soupesa, puis se retourna vers le mannequin, visiblement satisfait de son choix.

Le trèfle :

Il frappa pendant des heures, tentant d' atteindre les points sensibles, enchainant les coups avec une dextérité et une rapidité déconcertante, il frappait, les machoires serrées, poussant des grognements, avec un acharnement qui approchait la frénésie, il frappait à en perdre haleine, à en perdre le fil de ses pensées, seul au milieu d' une mer de violence, portant ses coups de plus en plus vite, de plus en plus fort. Il finit par ne même plus savoir où il était...
~~~~~~~~~~~~~~~~
Si.. Il le savait..
Le coin à bouftous..
Le rire de Catline..

~~~~~~~~~~~~~~~~
Il était là, assis dans l' herbe, et tout lui revenait petit-à-petit, il avait essayé de s' attaquer à un bouftou pour s' entrainer, et sa soeur avait dû intervenir. Elle lui avait pourtant bien dit qu' il était trop jeune pour utiliser la botte secrète des écaflips, 'félintion', mais quand on est têtu....
Elle s' était assise à côté de lui, et elle lui ébourrifait les poils du dessus de la tête en rigolant..

-"Hihi. Fais pas ton fier, ça arrive de se planter, va.. Si tu savais combien de fois papa a du m' aider avant que je réussisse à tuer mon premier bouftou, je trouve que tu t' en tires plutôt très bien.."

Sam arborait toujours sa mine boudeuse, se faire humilier par un bouftou, non mais oh.. Et puis quoi encore.. Il en avait marre d' être un gosse, de devoir se faire aider pour tout faire, il voulait être autonome, montrer qu' il était capable de se débrouiller tout seul..

-"Roooh allez, arrète donc de faire ta tête de porkass...."

Comme si elle venait de penser à quelque chose, Catline se mit à fouiller dans son sac à toute vitesse, et elle en ressortit une petite chainette au bout de laquelle pendait un trèfle à quatre feuilles, le tout en or finement ciselé..

-"Tiens, regarde ce que j' ai trouvé au marché, j' ai tout de suite pensé à toi..."

Elle lui passa la chaine autour du cou et il cessa tout de suite de faire le fier, il se demandait en fait comment elle avait pu mettre assez d' argent de côté pour se payer ça et surtout, pourquoi elle avait fait ça pour lui... Elle le regardait avec son grand sourire, bon sang qu' il l' aimait sa grande soeur, si gentille, si patiente...
Elle lui déposa un gros bisou sur le front..

-"Allez hop, champion, on rentre à la maison, il commence à être tard.."

Il marchait aux côtés de sa soeur, tenant en main le pendentif, en examinant attentivement chaque détail..

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~



Premier boulot :

-"Tu te débrouilles bien petit"
Keken se tenait dans l' encadrement de la porte, depuis combien de temps l' observait-il? Aucune idée..
Sam avait le souffle court et il se retourna vers son chaperon, haletant, couvert de sueur.. Il n' avait aucune idée du temps qu' il avait passé à frapper comme un dingue, mais les muscles de ses bras étaient en feu, et ils étaient comme tétanisés.
-"Tu vas pas avoir le temps de te reposer, gamin, on part bosser, tu peux garder les dagues, si tu veux, c' est les miennes, grouille-toi, je pars dès que j' ai réuni assez de loques.."
Il tourna les talons et Sam se retrouva seul dans la pièce avec ses dagues à la main. Il les examina avant de les glisser à sa ceinture, en profitant pour se débarrasser de ses vieilles dagues de fouraille usées. Puis il s' engouffra dans la salle principale, à la suite de Keken
**Premier boulot, j' vais enfin savoir ce que je fous ici**


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sam-le-terrible
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MessageSujet: Re: [Historique]Sam-le-Terrrrrrrible   Mar 4 Juil - 23:12

Au boulot :

Le temps que Sam change de dagues, Keken avait déjà réuni trois personnes et ils l' attendaient près de la porte d' entrée. Keken prit la parole.
-"Bon les gars, j' vous présente le p'tit, il s' appelle Sam, le premier qui lui cherche des noises, il va faire un tour au fond de la rivière avec une pierre du crack attachée à chaque cheville. A moins que je préfère lui sectionner tous les tendons avant de l' abandonner auprès d' un trooll.. Kapiche?"
Silence général
-"Ok, alors Sam, j' te présente Zibur, notre féca à nous, en général on l' appelle le vieux, ça lui va mieux, y a aussi Krodan, le truc qui fait des phrases monosyllabiques, par contre, j' te conseille de pas rester près de lui quand il est en colère, parait que le dieu iop a un peu forcé sur la dose en lui filant de la force et puis Daktareni, notre docteur à nous, il parle pas beaucoup, mais c' est pas ce qu' on lui demande, il est balèze, mais évite quand-même de perdre un membre au combat, il sait pas faire repousser ces trucs là."
Toujours pas de bruit
-"Allez hop, au boulot, on a pas que ça à faire.."

Le chemin :

Sam n' avait pas jugé utile de demander en quoi consistait ce boulot, après tout, il le saura bien assez tôt, par contre, il passa tout le trajet à observer ses compagnons. Krodan passait son temps à pousser des grognements, mais il avait visiblement du mal à structurer ses pensées pour les exprimer par des mots. Enfin pas sûr qu' il y ait quoi que ce soit à structurer, remarque. Ils marchaient en groupe compact, Sam restant en arrière pour mieux pouvoir s' imprégner des attitudes de chacun, tous semblaient craindre Keken. Après tout, c' était lui le chef. Ils s' enfonçaient de plus en plus profondément dans les ruelles crasseuses d' Astrub, Keken et le vieux se parlant de leurs derniers exploits, d' ailleurs, le chef racontait au féca comment il avait tranché la langue d' un vendeur de journaux qui l' avait appelé 'm'sieur'. Ca avait l' air très drôle vu de l' extérieur, vu que tous se poilaient en entendant les détails, même Krodan, ça au moins il arrivait à le faire, se marrer. Dak restait discret, il ne parlait pas, souriant de temps en temps quand les autres partaient dans des éclats de rire. Ils arrivaient dans les bas-fonds Astrubiens quand Keken fit signe aux autres de se taire, visiblement, ils arrivaient là où ils devaient aller. Keken prit la parole alors qu' ils venaient de s' immobiliser devant une boutique.
-"Bon.. On s' organise, les gars, il s' attend à ce qu' on passe le voir, alors on prend pas de risques, Krodan, tu gardes l' entrée, Dak, tu fouilles le magasin avec Zibur et moi j' m' occupe de faire cracher le vieux, Dak et Zibur, hésitez pas à péter tout ce qui vous passe sous la main, en général, ça les aide à etre coopératifs, et puis au pire ça défoule. Sam.. Sam tu observes et tu apprends. Compris?"
La seule réaction fût un grognement du iop.
-"Ok, on y va.. Krodan, à toi l' honneur"

Simple formalité :

Le iop balança un coup de pied magistral dans la porte qui vola en éclats, Keken se rua à l' intérieur et attrappa le commerçant à la gorge, tandis que Krodan se postait près de l' entrée et que les duettistes se chargeaient de mettre la boutique sens dessus dessous.
-"Ben alors, on dirait que tu as oublié de verser ton tribut, mon gros, t' avais envie de me voir peut-être?"
Le sram arbora un sourire sadique tandis qu' il resserrait son étreinte sur la gorge de son interlocuteur..
-"Pardon? j' entends rien.."
Le vieil homme avait le visage cramoisi et il tentait de répondre, mais sa gorge était en trop mauvais état pour que le moindre son puisse en sortir, il s' agitait, paniquant à mesure qu' il s' asphixiait. Keken relacha un peu prise pour le laisser parler
-"Partez! Partez! J' ai prévenu la milice, ils surveillent la boutique.."
-"héhé, joli coup de bluff, ils oseraient pas trainer leurs guêtres dans un quartier comme celui-là, ils savent qui sont les rois ici.."

Sam fixait la scène, et il n' avait pas vu Krodan rejoindre Keken pour regarder, amusé, le vieillard tout rouge qui gesticulait dans tous les sens. Plus personne ne gardait la porte. Il sentit du mouvement dans son dos, et il se retourna aussi sec, se retrouvant face à un homme en armure, une lance à la main, le blason de la ville d' Astrub sur la poitrine. Il ne prit pas le temps de réfléchir et ses muscles endoloris avaient encore le tonus nécessaire pour assèner un coup de dague magistral qui trancha net la carotide du garde, le laissant tomber à terre. L' homme fier et de haute stature qui se tenait face à lui reposait maintenant au sol, pris de convulsions tandis que sa gorge laissait s' écouler des quantités impressionnantes de sang sur le sol.
Keken brisa la nuque du commerçant d' un coup sec avant de se tourner vers Krodan..
-"Espèce d' abruti! J' t' avais pas dit de surveiller la porte? Tu veux qu' on s' fasse tous crever ou quoi? Dak, Zibur, on stoppe tout, ses potes vont pas tarder à débarquer!"
Le iop avait pas osé répondre, visiblement, ils avaient vraiment les jetons de Keken et il allait sûrement passer un sale quart d' heure, le gars Krodan.
Trois miliciens firent alors irruption dans la pièce. Enfin deux seulement, parce que le troisième venait de se faire coller contre le mur comme une mouche sous l' effet d' une baffe de Krodan. Tout se passa en quelques fractions de secondes, Keken se rendit invisible, puis les deux hommes tombèrent quasiment immédiatement à terre, mortellement blessés. Keken reparût entre les deux cadavres, ses dagues ensanglantées à la main.
Il regardait le iop avec un air de mépris, visiblement, il était vraiment en rogne. Sans dire un mot, il fît un mouvement si rapide qu' il en était presque imperceptible et Krodan s' effondra entre les deux corps dans un grognement, arborant une large ouverture au niveau des abdominaux.
-"Ca lui apprendra à pas écouter mes ordres. Allez on remballe, Dak, Zibur, prenez tout ce qui a de la valeur, on va pas trainer dans le quartier!"
Quelques secondes plus tard, les quatre reprenaient leur route en direction du repaire, sans afollement, marchant à leur vitesse, comme si rien ne pouvait leur arriver..

Pensées sur le retour :

Pour un premier boulot, ça avait plutôt mal tourné, quatre miliciens morts et Krodan qui s' était fait planter par Keken, ça faisait lourd. Et puis, pour la première fois de sa vie, Sam avait tué un homme, un milicien en plus.. Comme son père.. Il n' avait pas eu le temps de repenser à tout ça depuis qu' il avait quitté la maison, mais là, tout lui revint brutalement, surtout le sentiment de culpabilité, il venait de franchir le pas, de rejoindre ceux contre qui son père s' était battu toute sa vie durant, il avait en quelquue sorte le sang de son propre père sur les mains.
Le retour au QG fût silencieux, personne n' osant demander pourquoi Krodan n' était pas revenu, visiblement, ce genre de questions n' avait même pas sa place ici. Sam eût droit à son premier vrai repas depuis bien des mois, de la viande, il en avait oublié le gout, puis, bien repus, il se coucha dans un coin de la baraque, sur la vieille couverture qui l' avait suivi depuis le début et ses émotions associées à son entrainement le poussèrent dans un profond sommeil, hanté de rêves peuplés de gelée de groseilles..
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MessageSujet: Re: [Historique]Sam-le-Terrrrrrrible   Jeu 6 Juil - 14:06

Réveil difficile :

Encore ce même cauchemar, sauf que cette fois-ci, c' était Sam qui ricanait à la fin, il ricanait devant la silhouette désarticulée de son milicien de père.
Quand il se réveilla, il était en sueur, les draps collés au corps, une douleur lancinante lui vrillait les tempes et il sentait les battements de son coeur dans tout son corps, s' il avait regardé ses bras, il aurait vu que ses veines se gonflaient et se dilataient à chaque pulsation. Il éprouvait un étrange sentiment de puissance, et il y avait quelque chose de dérangeant en lui, comme s' il avait basculé, comme une soif de sang.
Il resta couché le temps que tout cela passe, et, à vrai dire, ça prit un bout de temps. Une fois qu' il eût réussi à reprendre le contrôle, à se calmer, il s' assit en tailleur, chamboulé par cette étrange sensation. Il s' était passé quelque chose en lui, mais quoi au juste? C' était comme s' il avait du mener un combat contre lui-même, comme si son âme et sa raison n' était plus en accord. Il finit par se lever et, comme tous les matins, il partit s' entrainer, ça, au moins, ça lui changerait les idées..

Une matinée comme les autres :

Cela faisait quelques années maintenant qu' il habitait dans cette baraque crasseuse, il avait pris de l' assurance au fil du temps, et cette sensation déroutante était revenue le travailler un paquet de fois. Au fil des années et des 'boulots' bien faits, il avait acquis son indépendance, Keken le laissait bosser seul et tout portait à croire qu' il le destinait à prendre sa succession. Ce qui aurait dû engendrer une certaine jalousie auprès des autres ne lui apportait en fait que plus de respect et il était désormais presque l' égal de Keken aux yeux des autres. Il se regardait dans le miroir qui trônait dans la piaule que Keken lui avait refilée, il était désormais un jeune homme robuste, le regard fier, implacable, les joues creusées et les épaules carrées, il avait déjà une stature imposante pour son âge. Une matinée de plus, qui allait le mener tout droit vers une journée de boulot comme les autres, la routine en quelque sorte.
Il se dirigea droit vers la salle commune où Keken l' attendait déjà..
-"Bien dormi, fiston?"
Le sram avait pris l' habitude de l' appeler comme ça, ça n' était que son troisième père pour le coup. En fait, ça avait commencé le jour où il lui avait dit qu' il était à la hauteur de ses espérances, et qu' un jour il commanderait cette bande de bons à rien. Sam s' assit en face de lui, à califourchon sur une chaise.
-"J' ai connu mieux, mais on dira que ça va.. T' as prévu quoi pour aujourd' hui?"
-"Les deux que tu as tués hier soir, ils ont une fille, le commanditaire veut qu' on l' en débarrasse aussi, pas qu' elle soit encombrante, mais elle détient sûrement des informations gênantes."
-"Ok, ça me va, et je la trouve où, la menace ambulante?"
-"A l' auberge du tabi borgne, d' ailleurs, j' me suis toujours demandé comment faisaient les aubergistes pour trouver des noms aussi ridicules à leurs rades. Bref. Elle est serveuse là-bas, une fécatte, elle doit être approximativement de ton âge, d' après mes sources, c' est elle qui fait le service aujourd' hui."
-"Ok.. je me prépare et j' expédie ça. On a quelque chose pour ce soir?"
-"Rien pour le moment, occuppe toi d' elle et on verra après."

Il se retira le temps de faire sa toilette et de s' entrainer un peu, comme tous les matins, il devait garder la forme pour ce boulot, plus il était affuté, moins il avait de chances de se retrouver du mauvais côté d' une lame. Une fois qu' il fût satisfait de lui, il se prépara à partir, il devait plus être très loin de midi maintenant et c' était le meilleur moment si il voulait tomber sur sa proie.

Le tabi borgne :

L' auberge était presque vide, il n' y avait ici qu' un vieux commerçant grassouillet en train de rogner les os de son tofu du midi et les quelques poivrots que tout bon établissment se doit d' avoir pour rentrer dans ses frais qui étaient vautrés lamentablement sur le bar, se racontant des blagues aussi salaces que les regards qu' ils portaient sans la moindre gène sur la jeune serveuse. Elle était là, navigant entre les tables, au milieu des douces effluves de la cuisine épicée, esquivant par-ci par-là une main un peu trop entreprenante. Elle se dirigea vers lui, un grand sourire aux lèvres..
-"Qu' est-ce que je te sers, beau blond?"
-"Ca dépend, tu me proposes quoi?"
-"Le filet de dragodinde grillé est pas mal, oui c' est même ce qu' on fait de mieux ici.."
-"Va pour ça alors, tu me mettras un pichet de bière avec ça."
Il jeta un regard furtif à son décolleté, regard qu' elle semblait avoir perçu, mais qui n' avait pas l' air de la déranger, au contraire.
-"Et puis.. Et puis je prendrai un rhum en attendant que ce soit prèt."
Elle esquissa un large sourire
-"Bien m'sieur à tes ordres. Je t' apporte ça de suite."
Il la suivit du regard tout le long de son retour vers le bar et il sentait qu' elle n' était pas dupe, elle n' avait pas la même façon d' être que tout à l' heure, elle promenait sa douce silhouette d' une démarche très aèrienne. Elle devait avoir quelques années de plus que lui, sûrement deux ou trois, pas plus. C' était un joli brin de fille.. Oui, très jolie.
Elle s' affairait derrière le comptoir, sortant les bouteilles une à une pour trouver la bonne, elle lui lançait de temps en temps un regard furtif, comme pour s' assurer qu' il ne la quittait pas des yeux. Elle ne remarquait même plus les blagues douteuses de la brochette de poivrots qui squattaient le bar.
Elle lui apporta son verre de rhum avec un large sourire, les joues légèrement rougies.
-"Tiens msieur, le reste arrive dès que c' est prèt."
-"Merci bien, t' en fais pas, j' ai tout mon temps."
Ca du temps, il en avait, tant qu' il pouvait la regarder, se déplaçant avec grâce aux quatre coins de la pièce, le temps n' aurait aucune importance.

Petit mot :

La bière était bien fraiche, un peu fadasse, mais c' était pas vraiment une auberge de grand luxe, non plus. La dragodinde grillée, par contre, valait le détour. Elle avait passé le repas à lui lancer des regards appuyés de derrière le bar. Il se décida enfin à aller règler son repas. Elle avait les joues bien rougies désormais, et elle gardait les yeux baissés, pour ne pas croiser son regard, il déposa sur le comptoir une poignée de piècettes qu' elle ne prit pas la peine de compter. Elle prit les pièces et les rangea machinalement, puis elle prit la parole, tout bas..
-"Reste ici, je reviens tout de suite.."
Elle disparût quelques instants par la porte derrière le bar, quand elle revint, elle lui glissa un petit mot sous la main, avant de conclure.
-"A très bientôt, jeune homme.. J' espère que le repas et le service vous ont plu.."
-"Comblé serait plus juste, passe une bonne journée.."
Il sortit de l' auberge, lançant un regard noir à la bande de poivrots. Une fois dehors, il se rendit compte que, le temps de son repas, il avait complètement oublié le boulot qui lui avait été confié. Il s' assit sous une porte cochère et déplia le petit mot.

Petit mot à l' écriture précipitée a écrit:
Je pourrai m' absenter du boulot d' ici une heure,
rejoins moi à la porte derrière l' auberge,
celle à côté des écuries.


Mouais. Il avait pas tant foiré son coup que ça en fait, mais ce coup-là, il devrait pas flancher, fallait qu' il fasse son boulot une bonne fois pour toutes. Il sortit ses dagues, comme pour se rassurer, examinant leur lame sous l' éclat du soleil de midi. Il fallait que ce soit bref, un boulot, rien de plus, il avait tué des dizaines de personnes, c' était juste une de plus. Il partit se balader pour se changer les idées en attendant la fin de son service..
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MessageSujet: Re: [Historique]Sam-le-Terrrrrrrible   Jeu 6 Juil - 15:09

Pris au piège :

Il était arrivé un peu en avance devant la porte, il n' avait pas eu de mal à trouver, et son esprit était concentré sur une seule et unique chose, la tuer, comme les autres, faire son job puis rentrer au QG. Il attendait, patiemment, qu' elle daigne ouvrir la porte, et là il la cueillerait. Il était motivé à l' extrème, grisé par l' adrénaline qui ne manquait pas de l' assaillir à chaque fois qu' il devait passer à l' action. La porte s' ouvrit doucement, et puis plus rien, il prit le parti de rentrer. Il se trouvait tout au bout d' un grand couloir, des portes tout le long des deux murs, sûrement la partie 'hôtel' de l' auberge. Elle referma la porte, elle portait toujours la même petite robe et elle s' avança doucement. Il devait la tuer et il le ferait, il n' avait qu' une envie, rentrer au QG, pour cela il devait juste évacuer cette formalité, sans état d' âme, sans hésitation.
Une partie de ses certitudes s' envolèrent quand elle plaqua délicatement ses lèvres sur les siennes, le reste suivit quand elle passa une de ses mains sous son maillot pour la faire glisser sur son torse tandis qu' elle l' embrassait toujours.
Elle l' entraina dans ce qui devait être sa chambre en le tenant par le col, puis elle le poussa sur le lit, avant de se débarrasser de sa robe, il y avait quelque chose de touchant dans sa nudité, elle semblait si fragile. Elle prit la parole dans un sourire.
-"Détends-toi, mon beau, je vais pas te manger.."
Puis elle partit à l' assaut de sa boucle de ceinture..

Dérapage :

L' étreinte fût pleine de douceur, un pur moment de volupté, elle était couchée contre son flanc, le regardant droit dans les yeux en caressant doucement les poils de son torse, elle avait le souffle court, les joues écarlates.
-"Ecoute.. Tu dois partir."
Elle sourit
-"T' es tout chamboulé, chéri, c' est moi qui suis chez moi ici, mais j' ai pas l' intention de te mettre à la porte, rassure-toi"
Elle avait l' air amusé
-"Tu ne m' as pas compris, je suis pas venu ici pour manger, ce midi."
Une pointe d' inquiétude venait d' apparaitre dans les yeux de la jeune fille
-"On m' a chargé de te tuer."

Elle eût un mouvement de recul, se redressant brusquement sur ses genoux, serrant contre elle le drap pour abriter sa nudité.
-"Pardon?"
-"Je peux pas t' en dire plus, tu dois quitter la ville, d' autres viendront.."

Elle semblait perdue entre terreur et incrédulité..
-"Tes parents ont été tués, hier soir. Tu dois t' en aller avant que ce soit ton tour. Je vais faire ce que je peux pour te faire gagner le temps de la fuite. Mais prends pas de risques."
Elle ne pouvait décocher un mot et il se rhabilla en hâte, elle était sans réaction, comme frappée en plein visage.
-"S' il te plait, ne reste pas en ville.."
A ces mots, il se dirigea vers la porte de la chambre, elle n' avait pas bougé, elle se tenait là, droite comme un piquet, son frêle corps abrité derrière le morceau de tissu blanc, le regard suppliant..
Il fît demi-tour et déposa un simple baiser sur ses lèvres avant de sortir à jamais de son existence.

Mensonge :

Il s' était mis dans de sacrés draps, dans tous les sens du terme, non seulement il avait renoncé à son contrat, mais en plus il s' était engagé à mentir pour couvrir son erreur. Il fallait qu' il trouve quelque chose, sinon il risquait fort de finir sa journée avec des carpes diem pour seules interlocutrices.
Il alla directement trouver Keken en rentrant, comme à son habitude, il fallait qu' il ne se doute de rien. Il improvisa un compte-rendu qui semblait faire son effet, Keken n' y avait vu que du feu, ensuite, il se dirigea sans desserrer les dents vers la salle d' entrainement où il mit toute l' énergie qu' il lui restait, et bien plus même, à réduire en miettes ce satané mannequin. Tôt ou tard Keken apprendrait ce qui s' était passé et il le savait, ce jour-là il serait mal, très mal.
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MessageSujet: Re: [Historique]Sam-le-Terrrrrrrible   Ven 7 Juil - 13:28

Fallait bien que ça arrive :

Zibur était quelqu' un de très instruit, il avait donc été naturellement chargé d' apprendre à Sam la lecture, l' écriture et l' amour des bouquins, il manquait un peu de patience, mais il n' en restait pas moins un excellent pédagogue, ça tombait plutôt bien parce que Sam était un élève plutôt attentif. Il était en train de faire un monologue très intéressant à Sam sur la valeur toute relative que chaque homme apporte à chaque chose quand Keken fît irruption dans la pièce. Il avait l' air furieux..
-"Dehors le vieux!! TOUT DE SUITE!!"
Zibur ne se fît pas prier, et de mémoire d' éca, on vît rarement vieillard se mouvoir avec autant de rapidité.
-"A nous deux. Je viens de recevoir un message du patron."
Keken sembla remarquer la surprise dans les yeux de Sam.
-"Ben oui, on a un patron, qu' est-ce que tu crois? Que c' est un type aussi exposé que moi qui dirige tout?"
Aucune réaction de la part de Sam
-"Non seulement tu as foiré ta mission, vu que la gosse court toujours, mais en plus tu t' es foutu de moi? Tu m' as dit comment tu l' avais tuée et en fait tu l' as pas touchée? Tu me prends pour un cave ou quoi? Tu te doutais bien que j' allais finir par l' apprendre, non?"
-"Ben.."
-"Silence, je veux pas t' entendre. Tu as merdé? Et ben tu vas rendre des comptes à la garde personnelle du patron, ils veulent te voir à la taverne le plus vite possible, alors tu vas aller me buter cette gosse et en vitesse, allez dehors, remue toi le train, sale traitre!!"

Sam partit sans dire un mot, mais déjà il sentait la colère monter en lui, elle ne l' avait pas écouté, elle était restée en Astrub, poussant l' inconscience jusqu' à travailler mine de rien. Il n' avait pas le temps d' échaffauder un plan, non, il était bien trop occupé à se laisser aller à la haine. Il allait avoir de sérieux ennuis, il le savait.

Désordre :

S' il n' avait pas été aussi absorbé par ces sentiments négatifs, il aurait remarqué ce qu' ils provoquaient en lui, déjà ses mains tremblaient imperceptiblement et le va et vien du sang dans ses veines était visible à travers sa peau. Il navigait à vue, perdu dans une bulle de violence contenue. Le trajet se passa à l' aveugle, il était vraiment ailleurs, il n' eût aucune hésitation avant de rentrer dans l' auberge, un rictus de pure folie déformant son visage.

La scène était édifiante, un vrai champ de bataille, il devait y avoir environ dix soudards, dont un tenait fermement la jeune serveuse, un main sur sa bouche.
Ses yeux gris délavés lui adressaient un regard paniqué, comme celui d' un animal voyant sa mort arriver, ses cheveux étaient en bataille et sa robe retroussée ainsi que les bleus sur ses cuisses témoignaient de la façon dont ces blaireaux avaient passé le temps en l' attendant.
Quelques cadavres jonchaient le sol, visiblement les patrons et deux-trois clients qui avaient mal choisi leur moment pour venir prendre leur repas. La brochette de poivrots gisait à terre, le crâne fracassé pour la plupart. Décidemment, ces types n' avaient ni classe, ni sens du rangement.
L' un d' eux vînt à la rencontre de Sam, c' était un grand iop, il portait un énorme marteau à la main et ses habits étaient recouverts de traces de sang.

Electricité dans l' air :

Sam serra les poings, son poil était hérissé, son regard vide et la serveuse, qui l' avait vu la veille, aurait juré qu' il avait grandi d' un bon paquet de centimètres, il semblait bien plus robuste aussi.
-"On te l' a laissée, finis ton boulot."
Sam s' approcha de la serveuse, elle était perdue, de petite gémissements terminaient à demi étouffés contre la paume de la brute épaisse qui la tenait.
Il leva son regard vers le sien, et il vît alors toute la terreur qu' elle ressentait, ses yeux à lui lui collaient une frousse horrible, ils étaient vides de toute expression et un sourire sadique fendait son visage d' écaflip tandis que des crépitements se faisaient entendre tout autour de lui, comme si une puissante magie l' accompagnait.
Le garde qui la tenait et dont la transpiration aggressait les narines de Sam, partit dans un rire, de ce genre de rires que les méchants se sentent obligés de pousser pour se donner de la consistance et tous dans la pièce attendaient le coup de grâce de Sam avec délectation.
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MessageSujet: Re: [Historique]Sam-le-Terrrrrrrible   Ven 7 Juil - 13:28

La sentence :

Il avaient tous entendu le grand patron parler de ce gosse, apparemment, il était voué à un grand avenir parmi eux, et il savaient une chose que Sam ignorait, le grand patron en personne comptait sur Keken pour le former à être son propre successeur, c' était lui le futur gérant de la boutique. Ils le regardaient, se demandant comment un écaflip comme les autres avait pu taper à ce point dans l' oeil du chef, et ils attendaient de voir de quoi il était capable, ils n' allaient pas être déçus.
Quand Sam s' adressa à celui qui tenait la serveuse, personne ne remarqua qu' un vent tourbillonant venait de s' éveiller dans la pièce.
-"Lache la, je m' en occupe."
La brute épaisse repoussa la jeune fille qui alla s' écrouler aux pieds de Sam, le visage baigné de larmes. Il posa alors son regard sur elle, il avait un air sinistre, son simple regard vous glaçait jusqu' à l' os et elle tremblait comme une feuille à cette vue, baffouillant des propos incompréhensibles.
Sam leva alors les mains avec une lenteur hypnotisante.
Les vitres de la pièce volèrent en éclats dans un vacarme assourdissant. Tous se rendirent alors compte de l' aura sombre qui entourait Sam, il poussa alors un ricanement sinistre et tous les gardes furent projetés comme un seul homme contre les murs avec une force inouïe, il retombèrent un à un au sol, gigantesques poupées inarticulées en armure. Tous sauf un, celui qui avait tenu la jeune fille, lui flottait en l' air immobile, posant sur Sam un regard effaré. Ce dernier le fixa droit dans les yeux et le garde retomba au sol, inerte.
Le vent se calma et alors, des tas de couverts et d' assiettes retombèrent au sol, comme si ils venaient de se rappeler qu' en tant que couverts qui se respectent, il ne devaient pas voler.
Un changement brutal s' opéra en Sam, l' air inquiètant venait de disparaitre de son visage, il était redevenu ce jeune écaflip au visage certes déterminé, mais aucunement inquiètant. Il eût tout juste le temps de se rendre compte que ses pattes le lachaient avant de se retrouver dans le noir complet.
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MessageSujet: Re: [Historique]Sam-le-Terrrrrrrible   Ven 7 Juil - 14:33

Le pouvoir :

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Il était impregné d' une puissance considérable, une puissance qui le rendait invulnérable, il soumettait des peuples entiers à lui tout seul,
semant la mort et le chaos partout où il passait.
Les cicatrices qui lardaient son corps rappelaient tous les combats par lesquels il était passé pour en arriver là, lui, celui que tout le monde redoutait, lui qui pouvait faire s' effondrer comme un tas de cartes le plus solide des chateaux d' un seul mouvement de la main. Lui qui dominait la contrée Amaknéenne, tandis que les pays voisins n' étaient qu' en sursis. Qui pourrait être en mesure de le battre? Rien sur cette terre, seuls les dieux étaient en mesure de se frotter à sa toute-puissance, il bénéficiait de la puissance laissée en héritage par ses ancètres, mais lui avait su développer ce don tout jeune, le maitrisant infiniment mieux que quiconque avant lui. Les gens rampaient à ses pieds, les anges avaient depuis bien longtemps rempli les fosses communes.
Il était là, contemplant l' oeuvre de toute une vie, il était vieux désormais et sa descendance avait commencé à prendre le relais, surtout une sadidette à la chevelure rouge sang, elle était très prometteuse, encore plus qu' il ne l' avait été lui-même au même âge. Elle irait loin, très loin, peut-être même pourrait-elle aller bien au-delà de l' imaginable, soumettre toute la terre puis les dieux eux-même.
Ca cétait une bonne petite.


~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~


Réveille-toi :

Restait juste à savoir ce qu' il faisait face contre terre, des picottements dans tout le corps et une voix, dont la sonorité était étrangement douce dans cet univers de violence, résonnant à ses oreilles..
-"Hey.. Réveille-toi.."
La voix se faisait plus implorante alors qu' on lui passait quelque chose de détrempé sur le front.
-"S' il te plait, bouge, fais quelque chose."
Il émit un grognement endormi, tout son corps était affreusement engourdi, il sentit qu' on le tournait sur le dos et qu' on le forçait à boire de l' eau.
-"Tu m' entends? S' il te plait, réponds-moi"
Une pointe de panique se faisait désormais entendre dans cette voix.
Il ouvrit péniblement les yeux, des voiles noirs voletaient dans son esprit, des tas d' étincelles, aussi, il ne voyait qu' eux.
Il sentit un souffle chaud sur son visage, tandis qu' une main lui ceressait le front.
-"C' est moi, Linelia, réponds-moi.. Tu veux à boire, autre chose?"
Les voiles devenaient de moins en moins opaques et des images commençaient à se former dans son esprit. Un visage, un visage qui allait si bien avec cette voix de cristal, un doux visage aux yeux rougis, une pomette marquée comme par un coup de poing, des cheveux bruns voletaient au grè du courant d' air ambiant causé par l' éclatement des fenêtres. Ce visage se déplaçait à seulement quelques centimètres du sien, tandis que des mains le caressaient, cherchant désespéremment à le faire sortir de sa torpeur.
-"Li..Linelia?"
Un sourire furtif se dessina sur ce visage affolé
-"Oui, Linelia, c' est mon prénom.."
Il sentait des gouttes tièdes tomber sur son propre visage, puis elle se colla à lui, sanglotant doucement, frottant son visage contre sa joue.
-"J' ai eu peur, tellement peur, tu me regardais, mais tu me voyais pas. Et puis.. Et puis tout à l' heure.."

Partir :

Les images de ce qui venait de se passer lui revenaient progressivement en tête, même si ça lui semblait étranger, comme un rêve, il se souvenait que quelque chose en lui voulait la tuer, en fait, il avait dû lutter de toutes ses forces pour ne pas le faire, il n' avait plus beaucoup d' emprise sur son propre corps, la colère lui avait donné des pouvoirs incroyables, mais il ne les contrôlait pas complètement, ils semblaient avoir leur propre volonté.

Ils devaient partir, et vite, s' il ne se mettait pas à l' abri avec elle, les ennuis ne tarderaient pas à leur tomber dessus et, cette fois-ci, il n' était pas de taille à affronter qui que ce soit.

Il tenta tant bien que mal de se remettre debout, mais il trébucha et retomba à genoux, ses jambes flageollaient et son corps semblait être une masse insupportable. Il sentît qu' on l' aidait à se hisser sur ses pattes.
-"Allez, tu vas y arriver, appuie toi sur mon épaule."
-"On... doit.... partir. On doit quitter la ville."
-"Hors de question, tu es pas en état de faire le moindre voyage. Je connais une petite maison abandonnée pas loin d' ici, tu vas pouvoir te reposer là-bas, on partira après."

Ce fûrent les derniers mots qu' il entendit, il sentait bien qu' il se déplaçait, que ses pattes réussissaient très bien à se débrouiller sans lui, et tant mieux, parce qu' il était inconscient.


Dernière édition par le Ven 29 Déc - 15:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Historique]Sam-le-Terrrrrrrible   Ven 25 Aoû - 14:51

La nuit du départ :

La nuit était tombée lorsqu' il se réveilla, il gîsait sur un lit dépourvu de draps et elle était là, endormie le visage sur son torse, un bras passé autour de sa taille. Elle s' était lavée, coiffée, apprètée. D' ailleurs, il ne lui fallût pas longtemps pour s' apercevoir qu' elle l' avait lavé lui aussi pendant sa léthargie, il portait quelques pansements par-ci par-là, résidus de l' explosion des vitres, sans doute. Il se leva avec d' infinies précautions, prenant bien soin de ne pas la réveiller. Il se dirigea vers la fenêtre, jetant un coup d' oeil a passage sur les vêtements qui n' étaient pas les siens et qu' elle avait posés sur une chaise, soigneusement pliés.
Astrub était bien sombre, cette nuit-là, il apercevait des ombres furtives qui courraient d' un bonrd à l' autre de la rue en dehors. Il boutonnait la chemise propre qu' elle lui avait dégottée tout en observant l' extérieur. Il n' y avait pas d' agitation particulière, pas de vacarme, pas de lueur rougeâtre sur la ligne d' horizon, tout semblait paisible, il lui restait donc encore un peu de temps pour agir, mais combien? Il retourna vers le lit, puis, après l' avoir regardée dormir quelques instants, il se décida enfin à la réveiller. Il l' embrassa puis lui murmura à l' oreille:
-"Linelia, réveille-toi, je dois y aller."
Elle se réveilla brusquement, cueillie par ce qu' il venait de dire.
-"Y aller? Mais aller où? Tu vas me laisser, c' est ça?"
-"Linelia, j' ai une affaire à règler, ensuite je m' en irai. Tu sais où aller en dehors d' Astrub au moins?"
-"Ben... Oui, j' ai un peu de famille en Amakna."
-"Amakna village?"
-"Oui, près de l' atelier des bijoutiers. Un vieil oncle et une tante qui vivent dans une petite maison par là bas."
-"Parfait, c' est loin et discret, c' est ce qu' il nous faut. Linelia...."
-"Oui?"

Elle semblait inquiète à l' avance de la suite de sa phrase.
-"Tu vas aller en Amakna, je ne pourrai pas partir avant demain, du moins je ne le pense pas. Il faudra que tu aie déjà quitté la région, je te rejoindrai dès que tout ceci sera reglé."
-"Prends pas de risques, s' il te plait."
-"J' essaierai."

Il avait déjà pris ce qui lui serait utile pour sa petite expédition, c' est-à-dire le strict minimum, ses dagues et les vêtements légers qu' il portait. Il allait franchir le pas de la porte quand elle dit:
-"Attends.. Je.. Je sais même pas comment tu t' appelles.."
-"Sam, je m' appelle Sam.. Prends bien soin de toi.."

Il partit dans l' obscurité, en route vers le QG.
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MessageSujet: Re: [Historique]Sam-le-Terrrrrrrible   Ven 25 Aoû - 14:52

Retour au bercail :

L' air Astrubien étant lourd en cette soirée, ça sentait l' orage à plein nez. Il guettait le repaire, perché sur le toit d' une maison voisine. Visiblement, il se préparait quelque chose de mauvais, les gardes semblaient affairés, il règnait sur la demeure une agitation malsaine.
La bonne nouvelle, c' est qu' il n' y avait pas de vigies sur les toits, les hommes avaient visiblement trouvé mieux à faire. Il se décida à y aller, avançant à pas feutrés de toit en toit. Les tuiles étaient rendues glissantes par la pluie qui s' abattait en fine bruine sur la cité et il rencontra quelques difficultés pour atteindre son but, la fenêtre de Keken. Le sram était là, il pouvait le voir donnant des instructions à une poignée d' hommes, Daktareni était parmi eux, en fait, il y avait tous ses plus fidèles hommes, à l' exception du vieux. Le climat avait l' air aussi électrique dedans que dehors. Keken s' agitait, visiblement il avait du mal à se faire comprendre et ça semblait l' irriter au plus haut point. Il distribua quelques ordres et tout le petit monde sortit alors de la pièce, à l' exception du sram qui alla s' installer à son bureau, il lisait un bout de parchemin à la lumière d' une bougie fatiguée.
Sam passa la lame d' une de ses dagues autour de la fenêtre, il cherchait visiblement quelque chose. Il s' immobilisa, semblant avoir trouvé, puis un cliquetis se fît entendre et la fenêtre s' ouvrit. Keken ne prit même pas la peine de se retourner pour lui parler.

Parchemin :

-"Sam, Sam, Sam... Tu es si prévisible. je me doutais bien que tu reviendrais ici."
-"Il se passe quoi ici? Pourquoi tout le monde est sur le pied de guerre?"
-"Pourquoi?" le sram laissa échapper un rire sinistre "Tu as pas ta petite idée? Tu tues une dizaine d' hommes du grand patron en service commandé et tu te demandes ce qui se passe?"
Il brandit le parchemin sous le nez de Sam
-"Lis ça, idiot, tu comprendras sûrement mieux."
Il prit le parchemin et le lissa avec ses mains tandis qu' il le lisait.


Citation:
'Lutations, mon cher,

Ton boulot a toujours été fait correctement, sans plus, mais correctement. Ca n' excuse en rien ce qui s' est passé dans la journée, tu avais une mission à faire faire, tu as échoué.
C' est déjà un motif suffisant pour que je sois contrarié.. Trés contrarié.. Mais que dix de mes hommes y soient passés, des mains d' un de tes hommes qui plus est, ça ça me reste en travers de la gorge.
J' ai bien peur que seul le fait d' en trancher un paquet puisse me soulager..
Puisque tu as échoué dans ta mission de formation de mon successeur, tu vas devoir me le livrer, et en bonne santé, car il a bien plus de valeur que toute ta bande de cloportes réunie.
D' ailleurs, toi et tes scarabées avez intérêt à être prèts à en découdre ce soir, car vous avez franchi les bornes, vous vous en êtes pris à plus fort que vous. C' est toujours une mauvaise idée de mordre la main qui te nourrit, surtout quand ladite main peut te coller une taloche à t' en déchausser les molaires.
Rendez-vous est pris ce soir, tes nullards auront l' occasion de montrer ce qu' ils valent face à ma garde personnelle au complet.
Trouve le gamin, Keken, et livre le moi avant la tombée de la nuit, sinon vous y passerez tous.

Celui que tu ferais bien de ne jamais nommer.



Son visage était grave.
-"Keken. Il faut partir d' ici. Ils feront pas demi-tour maintenant, même si je me rendais. De toutes façons, j' en ai pas l' intention."
-"Je sais, je sais qu' il fera pas demi-tour, la maison va être rasée ce soir et tous ses occupants avec. Tu voudrais que je laisse les autres se faire tuer?"
-"Keken, tu les méprises tous et tu le sais aussi bien que moi, à quoi ça te servirait de rester en sachant que tu vas te faire tuer?"
A cet instant, un vacarme de voix entremèlées s' éleva du coeur de la batisse, par dessus ces voix, une se détachait, plus forte que les autres.
-"Ils arrivent, que tout le monde se tienne prèt!!"
On entendait les hommes se déplacer au rez-de-chaussée, les pieds heurtaient le sol et Sam sentait le plancher trembler sous ses pattes. Il se retourna vers la fenêtre et jeta un regard dans la rue.
Un groupe d' une cinquantaine d' hommes en armure se dirigeait vers la maison, torches à la main. Aux avants-postes, bien qu' encerclé par quelques hommes, se trouvait ue grande silhouette sombre, portant des ailes démesurées sur le dos, un foulard cachant son visage.
-"C' est lui?"
Keken s' avança pour regarder à son tour.
-"Oui c' est lui. Il porte la tenue des roublards, je l' ai jamais vu sans."
une flèche enflammée siffla au ras des oreilles de Sam et partit se ficher dans le mur derrière lui. Le grand tapis aggraffé au mur commença à prendre feu quasi instantanément.
-"On y va, Keken, grouille toi."
-"Non, je me barre pas sans Dak."
-"Bien. Vaut mieux qu' on se balade pas en groupe de toutes façons. On se rejoint où?"
-"Même endroit que d' habitude, la statue du dieu Sram, dans une heure."
-"Bien.. Bonne chance à toi."

Colonne de fumée sur Astrub :

Sitôt ces mots terminés, Sam bondit par la fenêtre sur un toit en contrebas. Quelques flèches le frôlèrent, mais il réussit à s' éloigner suffisamment du bord pour ne plus pouvoir être atteint. Il filait de toit en toit, courant aussi vite qu' il le pouvait sur les toitures rendues glissantes par la pluie. Il retournait à la maison abandonnée, là-bas au moins il serait à l' abri en attendant que l' heure du rendez-vous arrive.
La maison était déserte, Linelia avait bien pris la route, c' était la première bonne nouvelle depuis un moment. Il la rejoindrait dès qu' il aurait pu se barrer avec Keken et Dak. A eux trois, ils étaient assez parés pour s' en tirer sans soucis. Une épaisse colonne de fumée grise coupait le ciel en deux au niveau du QG, visiblement, les flammes dévoraient l' édifice, cette nuit serait sanglante, et tous ses compagnons y resteraient. Par sa faute. Triste soirée en perspective.
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Guilde : Principaute d' Ambre

MessageSujet: Re: [Historique]Sam-le-Terrrrrrrible   Ven 25 Aoû - 14:53

Calme avant la tempète :

La pluie tombait toujours sur la cité et les milirats remontaient dans les rues, ce qui signifiait que les égouts débordaient, les hordes de pious se réfugiaient sous les porches, ces mêmes porches sous lesquels il avait passé tant de nuits quelques années plus tôt.
Il y avait quelque chose de fascinant chez les pious, tout du moins cela l' avait toujours fasciné lui. Dans chaque troupe de pious, il y avait un chef et ce chef était toujours un rouge, car les rouges étaient les plus gros de tous, donc les plus craints. On avait voulu qu' il soit un rouge, qu' il dirige, qu' il assume, mais il ne se sentait pas plus qu' un piou vert, bleu, violet ou rose, c' est à dire un de ceux qui devaient se contenter des miettes de pain rassis, piétinés par des dizaines de semelles, là où les rouges avaient droit aux pelures ou autres mets délicats, pour des pious du moins.
Il observait, appuyé au balcon de la vieille maison abandonnée, un gros piou rouge dominant chasser un piou vert chétif qui avait eu l' outrecuidance de s' approcher d' une femelle quand il sentit un contact agréable contre son flanc, puis contre son ventre. Il ne prit pas la peine de se retourner pour savoir à qui appartenaient ces doigts fins, prolongés par de longs ongles soigneusement entretenus, ces deux bras qui enserraient sa taille, ce corps chaud qui vint reposer contre son dos, ce visage qui se cachait dans la fourrure de ses épaules. Il se contenta de rester immobile, fixant toujours les rues astrubiennes, dans l' attente de l' heure du rendez-vous.
-"Je croyais que tu étais partie. Tu devais quitter la ville."
-"J' ai pas pu, pas eu envie, pas sans toi."
Cette réponse ne l' arrangeait pas, il ne pourrait pas la convaincre de partir devant, il ne pourrait pas lui éviter de devoir subir la présence de l' aimant à démons qu' il allait bientôt devenir, il allait devoir la mettre en danger, parce que c' était ce qu' elle voudrait. Il saisit ses deux mains jointes sur son ventre et les sépara pour passer ses propres doigts entre ceux de Linelia. Ils seraient deux ce soir et cette pensée le chagrinait plus qu' elle ne le rassurait car maintenant qu' ils étaient deux, il avait quelque chose à perdre. L' heure approchait et ils allaient bientôt devoir quitter la vieille baraque pour rejoindre Keken et Daktareni quand des lueurs éclairèrent les rues à quelques patés de maisons de là. Des lueurs qui filaient à toute allure. A leur vue, il comprit tout de suite et il lacha les mains de Linelia pour s' assurer que ses dagues étaient bien attachées à sa ceinture.
-"On doit y aller."

Médecin blessé :

Il lui prit la main puis l' entraina dans les rues d' Astrub, courant sous les fines goutelettes de pluie, à cette vitesse là, la capuche de sa bouftonne rabattue sur son visage ne devait rien filtrer de la pluie et il était trempé jusqu' aux os. Derrière lui, Linelia tentait tant bien que mal de suivre le rythme, drappée dans une grande cape à capuche. S' il ne s' était pas trompé, ils devaient filer à toute allure avant qu' il ne soit pas trop tard. La flamiche qui traversa le carrefour à quelques pas d' eux eût au moins le mérite de le rassurer sur deux points,il ne s' était pas trompé sur la nature des lueurs et il ne connaissait personne d' autre que Daktareni qui soit capable d' en utiliser de si grosses. La flamiche avait filé de droite à gauche, traversant le carrefour à toute allure, l' eniripsa se trouvait donc dans le bout de rue qui partait à droite et ses ennemis dans celui de gauche. Il s' avança précautionneusement afin de jeter un oeil dans le bout de rue de gauche, il vit un grand ecaflip au pelage gris foncé coiffé d' une corbeille à fruits retournée et accompagné d' une petite momie vivante. L' ecaflip remua ses bras à une vitesse déboussollante et il vît avec surprise une rangée compacte de cartes s' avancer vers lui à une vitesse telle qu' il ne pouvait l' éviter, il n' entendit pas l' invocation dans son dos, mais, à son plus grand étonnement, les cartes nbtèrent devant ses yeux sur un obstacle invisible qui paraissait se trouver à quelques dizaines de centimètres de son visage seulement. Un claquement sourd se fit entendre et un eclair s' abattit entre l' ecaflip et le xelor, les projetant au sol. Sam se retourna et se rendit compte que Dak était blessé, des pétales de rose voletaient autour de lui et une large blessure ouvrait son flanc. Il était en train de tenter de se soigner lui-même, mais il était à bout de forces. Linelia courut le rejoindre et appela.
-"Sam! Sam viens là! J' ai pas de protections assez puissantes pour nous trois si tu es loin de nous."
Il s' exécuta, bondissant pour rejoindre ses deux compagnons tandis que Linelia commençait son incantation. Une aiguille vint se ficher dans son dos avant qu' une bulle à la surface parcourue d' éclairs ne se forme autour d' eux, les protègeant temporairement de toute aggression extèrieure. Dak en profitait pour réciter autant d' incantations de soins que possible, tentant de refermer ses foutues plaies. Sam arracha l' aiguille qui était plantée dans son dos. De l' autre côté, les deux énergumènes se rapprochaient, le xélor faisait de lents moulinets dans l' air avec son marteau en arborant un sourire sadique, tandis que l' écaflip sortait son épée de son fourreau, les deux se dirigeaient lentement vers eux, attendant le moment où le sort de protection faiblirait. Dak prit la parole.
-"Quand c' te bulle va partir on s' ra trois à être foutus."
-"D' une je vois mal comment on peut se barrer, de deux si on se barre sans toi, tu y restes, donc compte pas sur moi pour partir."
-"Je suis sûr que ton joujou à tresse te dira qu' elle peut te sortir de là, les fécas ont deux trois possibilités que tu as l' air d' oublier.. Alors grouillez et barrez vous... Emmène-le!"
Il adressait à Linelia un regard haineux tout en disant ça, puis il prit les dagues qui étaient passées dans sa ceinture.
-"Msieur.. Si j' emmène Sam, je vais partir avec le bouclier, ils vont pouvoir vous tomber dessus et.."
-"Et vice versa, sauf que moi je suis au courant, pas eux. Si je choppe le nabot en premier sous l' effet de surprise, ça passera tout seul, maintenant, arrète de discuter et barrez vous."
Sam prit la parole à son tour
-"Dak, pourquoi t' es pas avec Keken, il est parti devant?"
-"Oui, j' ai préfèré rester à les retarder pour qu' il puisse se barrer peinard. Maintenant file."
Elle le saisit par le bras
-"Sam?"
-"Oui.. Oui on y va"
Il voyait le xelor qui le provoquait de l' autre côté de la bulle, passant son pouce contre sa gorge, faisant des gestes obscènes à Linelia, Dans la bulle elle-même, Linelia s' affairait à son incantation tandis que Dak se tenait prèt à bondir, les machoires serrées, une dague dans chaque main.
-"Fais gaffe à toi, Dak."

Séparation :

Il voyait le xelor qui le provoquait de l' autre côté de la bulle, passant son pouce contre sa gorge, faisant des gestes obscènes à Linelia, Dans la bulle elle-même, Linelia s' affairait à son incantation tandis que Dak se tenait prèt à bondir, les machoires serrées, une dague dans chaque main.
-"Fais gaffe à toi, Dak."
L' instant d' après, il ne voyait plus rien de tout ça, ils étaient dans une ruelle qu' il connaissait bien et qui se trouvait à quelques rues de leur point de départ, Linelia tenait toujours son bras fermement. Il lui fallut quelques instants pour réaliser, pour s' habituer au fait qu' ils avaient changé d' endroit en quelques fractions de secondes, que Dak était resté seul là-bas, qu' ils devaient aller à la statue au plus vite.
-"Sam. Qu' est-ce qu' on est sensés faire, maintenant?"
-"Linelia. C' est moi qu' ils veulent, tu peux pas rester avec moi, trop dangereux. Va falloir que tu files, je vais te rejoindre avec Keken."
L' inquiétude se lisait sur le visage de la jeune fécatte, mais il continua, ne lui laissant pas le temps de répondre.
-"Tu vas aller à la ferme qui est au Nord de la ville, de là on fuira par la forêt, maintenant, file, j' ai perdu Dak, je veux pas te perdre toi."
-"Je.. Bien.. D' accord."
Elle approcha doucement son visage du sien, les yeux fermés, les lèvres en avant. Il resta quelques fractions de secondes à la regarder avant de rabaisser sa capuche sur son visage puis de partir au pas de course dans les ruelles sombres de la cîté.

Course contre la mort :

Il ralentit alors qu' il arrivait à quelques rues de la statue où ils avaient rendez-vous, la pluie tombait en un voile épais, désormais et il était complètement détrempé, il marchait précautionneusement sur les pavés. Lorsqu' il arriva au bout de la rue, il avança doucement son visage pour voir la place sur laquelle était la statue de Sram. Keken était bel et bien là, par contre, il était accompagné de trois autres personnes aux intentions peu amicales, un grand iop tout de noir et de rouge vêtu, une sramette couverte d' un grand manteau pourpre et un féca qui... Bon sang.. Ce féca.. Le vieux les avait trahis, il menaçait Keken désormais. Sam allait bondir au secours de Keken quand le iop saisit ce dernier par la gorge, le soulevant contre la statue de son dieu. Quelques bribes de conversation étaient portées par le vent jusqu' aux oreilles de Sam. Et elles devenaient de plus en plus clair au fur et à mesure qu' il s' approchait de la scène, le dos collé aux murs.
-"..livrer.. gosse.. pas content... patron"
Le iop projeta Keken au sol, puis Sam entendit distinctement ce qu' il dit ensuite.
-"Finis moi cette charogne, Styx."
La sramette partit d' un rire sinistre avant d' abattre une de ses dagues sur la nuque de Keken qui s' écroula, inerte, au sol. Sam se retint de pousser un cri. Son mentor venait d' être exécuté sous ses propres yeux, par sa faute et, qui plus est, il n' avait pas bougé le petit doigt pour le secourir. Ses mains ses crispèrent sur la pierre humide du mur qui se tenait derrière lui et un grognement lui échappa. Il vît immédiatemment les trois visages se tourner dans sa direction, mais le plus grave était la main qui venait de se poser sur son épaule. Il se retourna dans un sursaut et se retrouva face à face avec un roublard ricanant, le fameaux grand chef. Il ne prit pas le temps de réfléchir et flanqua un grand coup de pied dans l' entrejambe du foulard hilare avant de partir à toute vitesse, les larmes qui coulaient sur ses joues se mélangeant à la pluie, il courait à en perdre haleine, la tête pleine de douleur, il courait comme si' il avait la mort aux trousses et, pour tout dire, c' était tout comme. Il sautait par-dessus les cagettes, les poubelles, tout ce qui trainait sur son chemin, passant par de petites ruelles que lui seul connaissait. Il ne voulait pas se retourner, il ne voulait pas voir ce qui le poursuivait, il ne voulait même pas vérifier s' il était poursuivi ou pas, il voulait tout simplement survivre. Il était incapable de savoir depuis combien d' heures il avait passé la porte Sud d' Astrub quand il s' écroula, a bout de forces, au pieds d' un arbre. Ses jambes venaient de se dérober sous lui et elles ne le porteraient plus où que ce soit ce soir là. Ses poumons tentaient d' expulser la boule de feu qui s' y était logée, tandis que ses bras tremblaient d' épuisement. Il rampa pour s' adosser à l' arbre puis s' abrita sous sa capuche avant de fondre de nouveau en larmes. Il était parti, maintenant qu' il réalisait le trajet qu' il avait parcouru, il se rendait compte qu' il était à l' opposé de Linelia, entre eux deux se dressait Astrub la crasseuse et tout ce que la ville représentait de danger pour lui. Elle aussi il l' avait abandonnée, finalement, si elle ne partait pas rapidement, ils la retrouveraient et ils la tueraient. Il sanglottait, de chaudes larmes coulant le long de son visage avant de tomber en un claquement sec sur sa cape qui lui servait de manteau. En l' espace d' une nuit il avait fait tuer tous ses compagnons d' armes, Dak, son mentor, Keken et il avait sûrement condamné Linelia. Tout ce qu' il touchait pourrissait, tout ce qu' il touchait mourrait, il n' était que ça, un satané piou bleu, de ceux qui passent leur vie à decevoir ceux qui les aiment et à donner raison à ceux qui les méprisent.
Ces pensées s' entrechoquèrent encore des heures dans son esprit avant que le soleil levant ne le cueille endormi, gosse recroquevillé dans une cape bien trop grande pour lui.

Fin de la période sombre et Astrubienne de l' historique.
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MessageSujet: Re: [Historique]Sam-le-Terrrrrrrible   Ven 25 Aoû - 14:54

Chroniques de la forêt des abras






Retour à Astrub :


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Il se tenait face à la statue du dieu sram, la corps de keken gisant à ses pieds, à ses côtés se tenaient les trois assassins du sram et face à lui le fameux roublard. Ce dernier avait de longues griffes d' écaflip et les parties de son corps qui n' étaient pas masquées par sa tenue étaient couvertes de poils gris sombre. Il riait à gorge déployée en tapottant l' épaule de Sam.
-"C' est bon, lachez le, le petit rentre avec moi."
Les voisins de Sam s' écartèrent, laissant le roublard s' approcher de Sam. Il posa sa main sous son menton pour relever son visage, Sam se mit alors à grogner en montrant les dents.
-"Héhé, une forte tête, exactement ce qu' il me faut. *léger temps d' hésitation*.. Suis moi, gamin, on y va."
Alors que le roublard le poussait légèrement dans le dos pour lui indiquer la direction à suivre, une voix se fit entendre un peu plus loin dans une rue adjecente.
-"Maitre! Maitre!"
Un iop déboula sur la place en courant, il tenait une jeune fille par les cheveux, la fille portait une tunique grise et ses cheveux étaient bruns. Sam sentit son sang se glacer dans ses veines à sa vue, c' était elle, Linelia.
-"Maitre, je l' ai retrouvée, elle a pas eu le temps d' aller bien loin."
Il tira brusquement sur les cheveux de la jeune fille pour la jeter à terre. Le maitre prit la parole.
-"Ah. Elle? Elle m' intéresse plus, j' ai le colis que je voulais, tue la."
Le iop dût s' y reprendre à deux fois pour la tuer pour de bon avec son marteau, le premier coup ayant visiblement été manqué, elle gesticulait sur le sol, agonisant dans le silence le plus total, sa parole n' ayant visiblement pas survécu au premier coup. Etrangement, Sam assista à toute la scène sans broncher, ce n' était pas son premier amour dont un iop tentait de fracasser le crâne, non c' était une future morte parmi tant d' autres, une pièce de viande en sursis. Il suivit le maitre et s' engouffra à sa suite dans les rues crasseuses d' Astrub.

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En route vers une nouvelle vie :

Il avait mal choisi son endroit pour dormir et, à vrai dire, il n' avait même pas choisi du tout, il s' était endormi là où ses jambes l' avaient trahi, au bout de sa folle course. Le soleil donnait en plein sur son visage et son crâne n' avait pas du tout l' air d' apprécier, au vu de la douleur qui le traversait. Il mobilisa toute sa volonté pour se redresser puis s' accroupir, sa folle cavalcade de la veille lui avait valu de sévères courbatures. Il lui fallut quelques minutes avant qu' il ne commence à prendre conscience, il était parti d' Astrub, il avait quitté le milieu urbain dans lequel il avait passé toute sa vie pour un lieu coupé de toute forme de civilisation. Il scruta le paysage aux alentours, il ne voyait que des champs devant lui, des champs couverts de céréales et de fleurs multicolores. A sa droite se dressait une épaisse muraille de feuilles d' arbre qui lui rappellait les légendes de son enfance et les histoires qu' on racontait sur cette forêt où certains des arbres seraient animés. A sa gauche se dressait Astrub-la-fière avec ses créneaux bardés d' oriflames.D' un côté ce qui ressemblait fortement à son futur, de l' autre son passé et au milieu, des fleurs à perte de vue, comme une éclaircie entre deux tempètes. Il cueillit machinalement une fleur, puis la porta à son nez et en huma le parfum tout en arborant un grand sourire. Puis il se releva et se tourna vers la forêt, hésitant quelques instants avant de se lancer. Il s' approcha doucement de la rangée d' arbres, puis commença sa route au coeur de la forêt en suivant un petit sentier.
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MessageSujet: Re: [Historique]Sam-le-Terrrrrrrible   Ven 29 Déc - 15:19

Sevrage :

Les premiers mois fûrent pour lui l' occasion de reprendre ses marques dans une nouvelle vie, seul au monde en pleine forêt des abraknydes, loin de tout, loin de tout le monde, surtout. Ses journées étaient vouées au bucheronnage, activité qui lui était venue tout naturellement étant donné le cadre dans lequel il évoluait. Le soir il rentrait, chargé de son bois, dans une grotte qu' il avait pris pour domicile, il y entreposait son bois, le laissant sécher jusqu' à ce qu' il soit bon à travailler et donc à vendre. Ensuite, il se préparait un repas frugal puis entreprenait de dormir. Et, comme un rituel, il finissait toujours par fuir ces cauchemars qui le déchiraient de l' intérieur, alors il se relevait et passait le reste de la nuit à miner, toujours miner, arracher le plus possible de minerai aux parois rocheuses de son habitat, laissant la frénésie l' accompagner dans ses coups de pioche, ne cherchant pas le moins du monde à lutter contre la tétanie qui ne manquait jamais de s' inviter dans les muscles tendus à l' extrème de ses bras, cherchant l' épuisement total plus qu' il le fuyait, puis, chaque fois, au beau milieu de la nuit, lorsque ses jambes n' avaient plus la force de le porter, il se laissait tomber sur le sol poussièreux de la caverne, sombrant dans un sommeil profond et dénué de rêves à la manière d' un rocher se détachant de la falaise pour sombrer dans l' océan.

C' était la routine qui le maintenait loin de la folie, loin des cauchemars qui ne l' avaient jamais autant hanté que depuis son départ d' Astrub et il se réveillait une modeste poignée d' heures plus tard, courbaturé, épuisé, le poil chargé de la lourde poussière ocre de la grotte. Il passait quelques minutes à s' épousseter au soleil, mangeait quelques fruits, un bout de viande séchée puis repartait au turbin, jour après jour, tentant de repousser le plus loin en arrière ses rêves, ses hantises, ses cauchemars et son passé.

Les jours étaient toujours les mêmes, sauf lorsqu' il se décidait à aller au village échanger son bois et ses minerais contre des morceaux de viande séchée et quelques autres denrées qu' il ne trouvait pas dans sa forêt, ce fût un matin, préparant ses affaires, qu' il brisa involontairement cette routine.


La mémoire minérale :

Il avait préparé de quoi manger sur la route et lié avec une corde tous les rondins qui étaient bons à la vente en un tas compact. Il avait attaché la corde à sa ceinture pour trainer son bois sur les quelques lieues qui le séparaient de son acheteur habituel et, alors qu' il prenait son sac pour le passer sur son dos, quelque chose en tomba, émettant un bruit métallique. Sous ses yeux se trouvaient deux lames de fer finement ciselées montées sur des manches d' ébène incrustés de gemmes. Les dagues que lui avait offertes Keken. Il tomba en arrêt devant cette vision qui semblait provenir tout droit d' une autre vie, et son crâne commença à lui faire mal. Il sentait en lui une sensation trop familière pour être rassurante, ses doigts se crispèrent, laissant échapper le sac et il tomba à genoux, le cerveau vrillé par des vagues de douleur, tandis qu' il sentait ses membres agités de spasmes au rythme de ses pulsations cardiaques. Il ne voyait pas à plus de deux mètres devant lui, un voile catharreux couvrant ses yeux. Il roula sur le dos et réussit, par un effort de volonté intense à détacher la corde qui était prise dans sa ceinture. Il attendrait, et le mal passerait. Au pire, s' il ne passait pas, il ne risquait pas de blesser grand monde ici.


Chassez le naturel :

Il était assailli de visions, voyait tournoyer autour de lui des armées de démons grmiçants, des grands, des petits, des volants de rampants, et tous semblaient ici pour lui, pour se nourrir de lui et pour que lui se nourrisse d' eux. Ils semblaient l' inviter à partager le sang des autres, à vrai dire, cette invitation ressemblait foutrement à une injonction, il boirait le sang avec eux ou il boiraient le sien, en poule mouillée qu' il était, démon incapable d' assumer sa vraie nature. Il leur criait qu' il ne voulait pas, il leur ordonnait de partir, de le laisser tranquille, d' aller hantr quelqu' un d' autre, qu' il ne les suivrait pas, qu' il ne sombrerait pas dans la folie, martelant le sol de ses membres endoloris et douloureux, hurlant et rugissant de rage, misérable peluche fauve luttant contre un destin implacable.

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Maudite traque :

Quatre heures qu' elle cherchait ce sram qui avait frappé en plein coeur de Bonta la veille au soir. Elle n' aimait pas son boulot plus que ça, à vrai dire, elle avait beau être une garde d' élite de Bonta, elle avait choisi cette voie plus par tradition familliale que par conviction, en fait, elle avait fait, à contrecoeur ce que sa famille avait voulu qu' elle fasse, comme pour son mariage avec ce rustre de iop qui passait plus de temps la main sous la jupe de ses amies qu' à se préoccuper d' elle. La seule chose à laquelle elle aspirait, c' était la retraite, pouvoir se barrer de cette ville de dingues et de cette guerre idiote puante de testostérone mal contenue pour enfin vivre tranquille, loin de tout, loin de tous, mais pour le moment elle portait les armoiries de la Garde Bontarienne et elle avait une mission, retrouver un brakmarien qui avait tué sur la place marchande de Bonta la veille, défiant l' aptitude de la Garde à protéger les citoyens de Bonta la blanche.

La piste qu' elle suivait l' avait menée au coeur de la forêt des abraknydes, c' était une mission de routine, un piètre combattant à ce qu' on en disait, ce serait rapidement bouclé, d' autant plus que cette proie là ne semblait pas douée pour masquer son odeur, ce qui était du pain bénit pour son odorat d' écaflipette. La piste s' arrètait devant un passage à gué, il semblait que le sram avait traversé la rivière, elle se pencha sur l' eau pour y regarder son reflet, son visage, tout en courbes douces était celui d' une très belle disciple d' écaflip au pelage d' un blanc immaculé, on pouvait y lire toute la fierté et la détermination de son âge, mais elle se trouvait une petite mine ce jour-ci, et elle se dit qu' un jour elle finirait par payer le fait de bosser sans relâche, d' être sur la corde raide en permanence.
Cette pensée la motiva à accélèrer le pas, plus vite elle en aurait fini, plus vite elle pourrait se reposer. Mais, à peine le gué franchi, elle entendit des cris inhumains. Ils semblaient provenir de loin tant la voix était étouffée, d' ici on aurait dit quelque bète de la forêt hurlant à la mort. Pas totalement rassurée, elle posa ses griffes soigneusement manucurées sur la garde de son épée et se dirigea vers la source du bruit. Au bout de quelques minutes de marche à longer une falaise de granit, elle entrapercût, droit devant elle, l' entrée d' une grotte, l' écho ne laissait aucun doute, le bruit venait bien d' ici. Elle s' approcha autant qu' elle le pouvait de l' entrée sans pouvoir être vue de l' intérieur, glissant son dos contre la paroi rocheuse. Elle marqua une légère pause. Les cris n' avaient vraiment rien d' humain et elle se demandait ce qu' elle pourrait bien trouver dans la grotte, mais il n' était pas dit que Maliwyn Eandrel fuirait devant les cris de quelque bète que ce soit et elle resserra son etreinte sur le manche de son épée, qu' elle sortit du fourreau au cas où puis, alors qu' elle se décidait enfin à entrer dans la grotte, les cris cessèrent, quelle que soit la bestiole qui agonisait là dedans, elle semblait être passé de vie à trépas à l' instant même.

Elle prît son courage à deux mains et fît un pas de côté, pénètrant ainsi dans la grotte. Et, à sa grande stupéfaction, elle découvrit un disciple d' écaflip, plus jeune qu' elle de quelques années très certainement. Il était couché sur le dos, les yeux fermés et son corps était agité de légers spasmes très espacés. Elle rangea son épée à sa ceinture et s' approcha du jeune homme, elle s' accroupit près de lui et sortit sa gourde de sa besace, en versant quelques gouttes dans sa paume pour en badigeonner le visage de l' inconnu.
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MessageSujet: Re: [Historique]Sam-le-Terrrrrrrible   Ven 29 Déc - 15:20

Voile de douleur :

Il avait réussi à lutter, les démons étaient partis, mais au prix d' une souffrance atroce, ils lui avaient déchiré la peau, brûlé tout le corps, y compris les yeux, il n' était plus qu' un magma confus de douleur et de chairs calcinées, déciquetées, c' est tout du moins ce qu' il ressentait dans son délire. Il se convulsait sur le sol, toutes griffes dehors, les muscles de tout le corps bandés jusqu' à la rupture. Il avait gagné, une fois de plus sa volonté l' avait emporté sur le côté démoniaque, il avait de quoi être fier, oui très fier, il poussait des rires déments ponctués de grognements des rage, balotté entre la haine pour ces démons qui ne le laissaient pas tranquille et, parmi eux, celui qui se tenait toujours derrière les autres, cet écaflip au pelage noir qui se riait de lui, de sa volonté pathétique de vouloir échapper à sa vraie nature, il les détestait tous, il les tuerait tous, mais d' abord, il devait lutter contre cette brûlure qui venait de s' étendre sur son front.


Douloureuse lumière :

Il ouvrit brusquement les yeux, découvrant alors une vision d' horreur, un démon plein de lumière, tellement lumineux que ses yeux brûlés le faisaient souffrir de manière insoutenable. Il poussa un rugissement et en moins d' une seconde il frappa la bète au visage, la force que lui procurait cet état était telle qu' il vît la forme aller heurter la pierre quelques mètres plus loin tandis que ses griffes avaient gardé quelques lambeaux du visage de la chose. Il bondit sur ses pattes et se jetta sur son ennemi, s' agenouillant sur son torse, dans sa folie il frappait et frappait encore, sans cesse, sans autre but précis que celui de lui faire payer pour tous les autres, pour tout le mal que cette saleté et ses amis lui avaient infligé, pour toutes ces nuits à hurler à la mort, traqué par ses cauchemars qui semblaient plus réels encore que sa routine quotidienne, pour tous ces gens qu' il avait laissés derrière lui, pour tout le mal qu' ils l' avaient poussé à faire et pour son pelage et sa peau qu' ils venaient de carboniser. Il frappait sans cesse, ravageant profondément la chair de ses griffes acérées, il entendait de temps en temps le craquement humide d' un os rompant sous ses coups, ce qui ne faisait qu' amplifier sa transe malsaine, il riait aux éclats, d' un rire aussi sinistre qu' effrayant, il n' était que folie, haine et violence.


Eclaircie :

Mais aussi profonde que soit sa transe, la fatigue commença à le rattraper, et alors qu' il baignait dans un extase malsain, l' extase né de la sensation de bonheur d' avoir enfin pu mettre la patte sur une de ces saloperies pour lui règler son compte, son souffle le quitta peu à peu, et il diminua la fréquence et la violence de ses coups, au bord de l' épuisement. En même temps qu' il ralentissait, il sentait ses douleurs disparaitre et il lui semblait que le feu de ses yeux baissait en intensité. Le voile opaque qui s' était baissé sur la réalité en même temps que sur son regard commençait à doucement s' éfilocher et il commençait à distinguer plus précisément les murs de son repaire, tout comme il sentait son moi intérieur reprendre le dessus sur cette créature, toute de haine constituée, qui vivait au fond de ses entrailles,

C' est ce moi intérieur qui baissa les yeux et c' est ce moi intérieur qui roula en arrière en poussant un hurlement d' horreur en découvrant qu' il était assis à califourchon sur le corps de ce qui semblait être une femelle écaflip portant l' uniforme de la Garde d' Elite de Bonta. Son visage n' était plus qu' un tas confus de matières organiques, mais son corps intact ne laissait aucun doute, son pelage blanc qui semblait soigneusement entretenu était constellé de petites goutelettes pourpres. Il rugissait, sous la coup de l' effroi et de la folie qui tentait d' enfoncer la grand' porte de son esprit, il gîsait, couché sur le dos et leva ses bras au ciel, il se rendit compte que ceux-ci étaient maculés du sang de l' innocente jusqu' aux épaules. Il se roula en boule, allongé sur le côté en position foetale, se prenant la tête à deux mains en hurlant et pleurant toute sa douleur et la folie qui allait avec.

Il resta toute une nuit dans cette position, laissant au sol tant de larmes que son visage baignait dans une boue épaisse, tentant de gémir de sa voix brisée en éclats, alors que sa gorge était en feu.

Il resta toute une nuit, et sûrement bien plus, même, refusant de se retourner pour poser les yeux sur son crime sans nom.
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